Sophrologie et yoga

Sophrologie et yoga

 

Les exercices de relaxation dynamique du 1er degré puisent leur origine dans le hatha-yoga. Il existe d'ailleurs, dans le sud de l'Inde, un yoga dynamique très proche des mouvements que l'on propose en sophrologie. Ce yoga est souvent réalisé en position debout et les exercices peuvent être pratiqués par des débutants contrairement à certaines postures classiques du hatha-yoga qui exigent une certaine souplesse. Les yogis nomment parfois ces postures, exercices d'échauffement, car ils ont pour principal objectif de préparer le corps aux postures traditionnelles (asanas). Cette phase d'échauffement peut durer 30 minutes et inclut parfois la salutation au soleil (suryanamaskara) qui est un enchaînement d'une douzaine d'exercices.

Les bases communes du yoga et de la sophrologie

Le yoga nous apprend aux moins 3 choses.

Premièrement, nous devons maîtriser notre conscience. C'est la concentration qui nous aide à focaliser l'esprit c'est à dire à diriger notre attention dans une seule direction. Les postures de yoga et les exercices sophrologiques exigent intériorisation et conscience afin de percevoir les muscles sollicités et vivre pleinement les sensations.

Deuxièmement, nous développons notre perception et notre conscience du corps. Cette pratique a pour principaux objectifs de nous relier encore plus à l'instant présent et de mieux nous adapter au monde environnant. Il s'agit également d'apprendre à mobiliser le corps doucement, sans forcer. Ne pas aller au-delà des possibilités du corps est une règle primordiale enseignée par les professeurs de yoga.

Une troisième particularité de la pratique yoguique consiste à relier le corps au souffle en réalisant chaque geste en coordination avec l'une des 4 phases respiratoires: l'inspiration, la suspension de souffle poumons pleins, l'expiration et la suspension de souffle poumons vides. Cette maîtrise du souffle inclut l'exercice de la respiration profonde et complète. Tout en lisant cet article, vous pouvez immédiatement vérifier si votre respiration est courte et superficielle ou bien calme et profonde. Bien évidemment, elle est très souvent superficielle. Et c'est normal puisque la respiration est une fonction autonome; elle n'exige donc pas une attention particulière. Pourtant, dès que nous respirons consciemment, en rythme et plus profondément, le souffle devient source de bien-être, d'énergie et d'intériorisation. Afin de parvenir à ce contrôle du souffle, nous devons d'abord réapprendre à mobiliser lediaphragme, ce muscle inspirateur essentiel, puis, découvrir comment assouplir notre cage thoracique pour parvenir à une respiration plus ample et enfin utiliser le moment de l'expiration pour mieux gérer nos émotions et nous libérer de nos tensions... Et c'est là où interviennent les postures de yoga et les exercices sophrologiques dynamiques dont nous avons parlé au paragraphe précédent.

Les yogis nous apprennent également que l'air est une source importance d'énergie appelée prāṇā. Comme les acupuncteurs améliorent la circulation de l'énergie avec des aiguilles, le yoga et le prāṇāyama (contrôle du souffle) permettent une meilleure captation et assimilation de l'énergie vitale via le souffle. Il existe une technique sophrologique qui met l'accent sur la mobilisation de l'énergie, la dynagogie (conduite de l'énergie). Elle a été créée par le Dr Yves Davrou qui fut notre formateur dans les années 1980.

Revenir à l'essentiel

Corps, souffle et conscience sont les 3 bases du yoga. Corps, souffle et conscience sont également les 3 grands piliers de la sophrologie. C'est pour cette raison que notre pratique ne doit pas faire l'impasse sur ces 3 points. Il faut même faire attention à ne pas trop conceptualiser la sophrologie. Le risque, c'est de donner une place trop grande au mental, que les yogis, en Inde, comparent à un singe fou, piqué par un scorpion ! Le fonctionnement par défaut de notre cerveau est de penser de manière automatique à une multitude de choses qui n'ont rien à voir avec ce que nous sommes en train de faire. Il part naturellement dans de multiples directions. Le yoga et la sophrologie nous proposent de nous recentrer. Et chaque fois que nous ramenons notre esprit à l'instant présent, à ce qui est, cela génère beaucoup de paix.

Concepts et pratique

Il existe d'innombrables thérapies de par le monde. Chacune possède ses théories, ses concepts et élabore une pratique à partir des deux premiers éléments. Ce qui est intéressant dans la pratique du yoga et de la sophrologie, c'est le fait de revenir au corps et au souffle grâce à une concentration de la pensée. Caycedo - à son retour de l'Inde - a très bien compris tout ce que pouvait apporter un retour à la sensorialité (développement et captation des sensations corporelles) et une augmentation de capacité d'attention, notamment chez les personnes déprimées. Sa méthode pouvait être comprise par toutes et tous et mise en pratique aisément.
Ce que nous faisons pendant une séance de sophrologie, c'est d'apprendre à relâcher le corps, à le vivre de l'intérieur, à redécouvrir une nouvelle source de bien-être et d'énergie grâce au contrôle du souffle, ou encore à concentrer notre attention sur les sensations et les mouvements afin de développer notre aptitude à être dans le présent. Toute personne qui débute la sophrologie éprouve très vite ces bienfaits.

Le 'positif' et la méditation

Aux 3 points que nous venons de détailler, nous allons maintenant en ajouter deux autres, l'action positive et la méditation.

Quand Caycedo a dévoilé le résultat de ses recherches à la fin des années 1960, il a mis en avant l'importance de la pensée et de l'imagerie mentale positive (1). C'était à l'époque très novateur car il n'y avait alors aucune étude sur le sujet. Les neuroscientifiques ne disposaient pas de tous les outils permettant de comprendre comment un exercice mental agit sur le cerveau. Alors que la psychanalyse affirmait pouvoir éloigner l'homme de la névrose en faisant émerger des éléments négatifs de son inconscient, Caycedo, lui, découvrait expérimentalement que l'on peut transformer notre vie grâce au positif.

Dernier point, la méditation - dite laïque - qui est devenue une pratique courante en occident. En sophrologie, elle est introduite lors du 3ème degré. Elle consiste à se centrer sur le souffle et à mettre de côté tout ce qui ne constitue pas notre actualité corporelle, c'est à dire les pensées, les images, les souvenirs ou les projections vers le futur. Nous retrouvons la méditation dans toutes les cultures orientales et asiatiques. Elle a été longtemps mal considérée en occident à cause de méthodes commerciales voire sectaires. Mais, depuis les ouvrages de Mathieu Ricard, Thich Nhat hanh, Christophe André ou encore Richard Davidson et grâce aux nombreuses études scientifiques menées sur le sujet, la méditation est devenue populaire et apporte ses bienfaits à tous ceux qui la pratiquent. Elle est parfois spontanément vécue lors du 1er degré. Car dès lors que l'on vit pleinement son souffle ou ses sensations physiques, un état naturel d'absorption dans l'instant peut s'installer en nous. (2)

Cette comparaison du yoga et de la relaxation dynamique est une façon de montrer que la sophrologie puise son origine dans une pratique plusieurs fois millénaires. Chaque fois que nous pratiquons un mouvement dynamique, que nous respirons, que nous nous concentrons, nous répétons une pratique transmise par des hommes depuis la nuit des temps et désormais validée par la recherche scientifique. Ces hommes vivaient à l'écart du monde dans des grottes difficiles d'accès ou dans des communautés regroupées autour d'un sage qui les initiaient au yoga. Nous sommes reliés comme par des fils invisibles à ces yogis qui ont défriché le terrain pour aider l'Homme à parvenir à plus de sérénité et d'équilibre.

Et pour conclure...

... une très ancienne légende Hindoue raconte que le Dieu Shiva enseignait secrètement le yoga à son épouse,Parvati. Pour cela, Shiva avait choisi un endroit désert où personne ne pourrait entendre ses paroles. Mais, près de la grotte où il donnait ses leçons, au bord de l'eau, un poisson écoutait attentivement. Il écoutait d'autant plus consciencieusement que la voix de Shiva était très mélodieuse. Ce poisson indiscret, nommé Matsyendra, apprit ainsi les 84000 postures enseignées par Shiva. Et il les mit en pratique de façon si sérieuse qu'il se transforma en homme. Plus tard, Matsyendra enseigna lui-même le yoga aux hommes. Et ces hommes le transmirent à d'autres hommes... L'enseignement oral s'est poursuivi jusqu'à nos jours grâce à la longue lignée des hatha-yogis.
Mais si Parvati, l'épouse de Shiva, n'avait pas voulu s'initier au yoga, la sophrologie n'existerait sans doute pas!

Bonne pratique !

NOTES:

(1). Nous retrouvons dans la pratique du yoga une technique d'auto-suggestion, lesankalpa. Elle ressemble beaucoup à l'affirmation positive ou à l'exercice des 3 qualités que l'on pratique en sophrologie. Saturer notre esprit de positif agit de façon bénéfique sur notre cerveau et sur nos émotions. Et comme le corps, les émotions et l'esprit forment un tout indissociable, chaque fois que nous agissons positivement sur un de ces 3 éléments les deux autres sont également activés.
(2). En yoga, la méditation est appelée dhyāna. Il n'est pas question, bien entendu, de s'engager sur ce chemin comme le font les yogis depuis des millénaires mais juste d'apprendre à diriger son attention sur un point, généralement le souffle ou le corps. Car, moins nous sommes distraits ou pensons de façon automatique voire anarchique, plus nous sommes heureux.
 

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